
Quand l’informatique devient critique pour l’activité, une question se pose tôt ou tard : faut-il recruter en interne, confier la gestion à un prestataire, ou combiner les deux ? Il n’y a pas de réponse universelle, mais des critères objectifs permettent de trancher.
Les trois organisations possibles
- L’équipe interne : un ou plusieurs techniciens salariés gèrent l’ensemble de l’informatique.
- L’externalisation (infogérance informatique) : un prestataire prend en charge l’exploitation, dans un périmètre contractuel. Voir notre guide Infogérance informatique : définition, fonctionnement et coût.
- Le modèle hybride : une personne en interne connaît l’entreprise et pilote les projets, le prestataire assure le support, la supervision, la sécurité et la continuité.
Une équipe interne : forces et limites
Les forces : une connaissance fine de l’entreprise et de ses métiers, une présence physique permanente et une grande réactivité sur les sujets du quotidien.
Les limites :
- La continuité : congés, maladie ou départ d’une seule personne, et c’est tout le savoir qui devient indisponible.
- L’étendue des compétences : une même personne peut difficilement maîtriser à la fois le support, les réseaux, Microsoft 365, la sécurité et les sauvegardes.
- Les outils : supervision, gestion des correctifs, EDR, ticketing… ces outils professionnels ont un coût difficile à amortir pour une seule entreprise.
- Le coût complet : salaire et charges, mais aussi recrutement, formation, outils et remplacement pendant les absences.
L’externalisation : forces et limites
Les forces :
- Une équipe plutôt qu’une personne : plusieurs compétences complémentaires et une continuité de service garantie.
- Des outils industrialisés : supervision, ticketing et sécurité mutualisés.
- Un coût prévisible, fixé par contrat et ajustable selon le périmètre.
- Des engagements mesurables, suivis dans un reporting. Voir notre service de pilotage et reporting de l’infogérance.
Les limites : une connaissance de l’entreprise à construire au démarrage, et une qualité de service qui dépend fortement de la clarté du contrat. Un périmètre flou crée des zones grises : notre article Infogérance : comment définir un périmètre sans zones grises explique comment les éviter.
Les critères pour décider
Posez-vous ces cinq questions :
- Combien d’utilisateurs et de sites ? En dessous d’une cinquantaine de postes, un poste interne à temps plein est rarement pleinement occupé par l’exploitation seule.
- Quelle criticité ? Si un arrêt de quelques heures bloque la production ou la facturation, la continuité de service devient prioritaire.
- Quelles exigences de sécurité ? Clients, assureurs et réglementations demandent de plus en plus de preuves : MFA, sauvegardes testées, plan de reprise. Voir les 10 mesures essentielles de cybersécurité.
- Quels projets à venir ? Migration vers le cloud, déménagement, nouveaux sites : ces projets demandent des compétences ponctuelles qu’une équipe réduite possède rarement.
- Quel budget, en coût complet ? Comparez le coût total d’un poste interne (avec outils, formation et remplacement) à un contrat d’infogérance au périmètre équivalent.
Le modèle hybride, souvent le meilleur compromis
Pour beaucoup d’entreprises, la bonne réponse combine les deux : un référent interne qui connaît les métiers et pilote les priorités, et un prestataire qui assure le support informatique aux utilisateurs, la supervision, la sécurité et l’astreinte. Le référent se concentre sur la valeur ajoutée ; le prestataire garantit la continuité.
La clé d’un modèle hybride réussi est une répartition des rôles écrite : qui fait quoi, qui décide, qui est prévenu. Sans elle, chacun attend que l’autre agisse.
Et si vous avez déjà un prestataire ?
Si le service rendu ne vous satisfait plus, changer de prestataire est moins risqué qu’on ne le pense, à condition de suivre une méthode. Notre guide Changer de prestataire informatique en 4 étapes détaille la marche à suivre, et notre méthode de changement de prestataire informatique explique comment nous l’appliquons.
En résumé
Il n’y a pas de mauvaise organisation, seulement une organisation inadaptée à votre taille, à vos risques et à vos projets. Le plus simple est de partir d’un diagnostic de votre situation actuelle : demandez un diagnostic de votre organisation informatique.



